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Vendredi 24 juin 2005

Nous aurons été particulièrement marqués par une chose au Brésil : le brassage de populations qu' il représente.

 

La population brésilienne

 

Le Brésil presente toute la gamme de métissage, du caboclo (métisse de Blanc et d'Indien), au mulato (métisse de Noir et de Blanc), en passant par le cafuzo (métisse de Noir et d' Indien). Une cinquantaine d'adjectifs, en brésilien, désigne les différentes nuances de couleur de peau qui existent.

 

 

Les Portugais, à l’époque de la colonisation, ne réprimèrent pas les relations interraciales, qui furent d’autant plus nombreuses que cette terre colonisée manquait de femmes.

 

Le mélange est tel, qu’aujourd’ hui, les Noirs d’ascendance purement africaine (qui descendent donc directement des esclaves africains déportés au Brésil) ne représentent plus que 6% de la population, la grande majorité étant métisse, et les Blancs (descendants essentiellement d’Italiens, de Russes, de Polonais et d’Allemands) 12%.

 

Dans ce métissage, la culture africaine est très présente, elle a pénetré tous les pores de la société brésilienne, que ce soit via la musique, la cuisine, la lascivité, les pratiques religieuses, en rencontrant au passage la culture, native, des Indiens.

 

C’est à Bahia que cela est le plus évident.

 

Religions et croyances brésiliennes

 

Le Brésil est le plus grand pays catholique du monde, mais aussi le plus grand pays de religion africaine yoruba, aussi designée sous le terme plus global de macumba (eh eh, vous ne saviez pas, chers Lillois, d’où venait le nom de ce lieu de perdition où vous vous dechaîniez dans vos jeunes années ?!).

 

Comme dirait le Routard, « le dimanche matin, a la messe, tout le monde est catholique, mais le lundi soir, ou n’importe quel autre soir de la semaine, les memes iront a la macumba se laisser posseder par les dieux africains ou leur sacrifier un animal, avec la meme ferveur que lors de l’eucharistie ».

 

Partout dans les rues de Bahia, on nous proposait d’assister à un candomblé. Cela désigne la religion africaine (et ses cérémonies) du peuple yoruba, perpetuée à l’état pur au Brésil par les esclaves et leurs descendants. Les dieux de cette religion, extrêmement nombreux, representent des forces qui trouvent leurs origines dans les éléments de la nature – tempêtes, rivières, forêts, etc. Ils ont la possibilité de se manifester en habitant l’esprit et le corps des individus via la possession, ou transe. Ainsi, chacun est habité par un dieu (un orixa), qui donne une valeur sacrée aux traits principaux de sa personnalité - penchant érotique, caractère fier ou encore coléreux…

 

Chacun des dieux du candomblé est caracterisé par une foule d’attributs – objets, matière, couleur, jours de la semaine, bijoux, chants, plats culinaires… En sacralisant toute la gamme des caractéristiques et penchants humains, le candomblé fait preuve d’une immense tolérance morale…

 

Nous n’aurons, à notre grand dam, pas pu assister à l’une de ces cérémonies… tout ça à cause d’un retard de bus…

 

Ce qui est assez étonnant dans cette religion, cŽest la façon dont elle a évolué face à lŽimposition du catholicisme par les Portugais, à lŽépoque du colonialisme. Les esclaves africains ne pouvant alors pratiquer leur religion en toute liberté , ils associèrent leurs dieux aux saints catholiques, et les 2 religions commencèrent à se fondre en une seule. CŽest cette dualité qui a permis la poursuite de leurs pratiques religieuses…

Par Julie et Wil - Publié dans : Brésil
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